Depuis l’explosion des outils d’intelligence artificielle générative, de plus en plus d’entreprises automatisent leur communication. Textes, publications, accroches, hashtags, résumés : tout peut être produit en quelques secondes. Mais est-ce vraiment une bonne nouvelle pour la visibilité d’une marque ?
Face à cette production de masse, une question s’impose : faut-il encore faire appel à un community manager, ou peut-on confier sa communication à l’IA ? Spoiler : ce n’est pas si simple. L’enjeu ne se situe pas entre automatisation et intervention humaine, mais entre contenu formaté… et contenu qui engage réellement.
L’IA sait écrire… pas raconter
Il faut le reconnaître : l’IA est impressionnante. Elle peut générer en quelques instants un texte sans faute, avec des émojis, des hashtags, un ton professionnel. Mieux encore, elle propose des idées de publications, décline des sujets, reformule un article de blog en post LinkedIn, ou génère des carrousels Instagram.
Le problème ? Ces contenus se ressemblent tous. Les algorithmes d’IA réutilisent les mêmes tournures, les mêmes formats, les mêmes appels à l’action :
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Les visuels sont souvent génériques, les titres peu différenciants, les phrases lisses. On lit ces posts chaque jour. On n’en retient aucun.
En voulant gagner du temps, de nombreuses entreprises publient aujourd’hui du contenu propre mais creux, standardisé, sans âme. Et sur des réseaux où la concurrence est immense, c’est la garantie… de passer inaperçu.
Un contenu générique n’est plus un contenu performant
Ce qui faisait la force de l’IA en 2023 (sa rapidité, sa capacité à générer en masse) devient aujourd’hui une faiblesse. Les plateformes (LinkedIn, Instagram, Facebook…) valorisent l’authenticité, la cohérence, l’originalité. À l’inverse, elles pénalisent les formats détectés comme générés automatiquement.
Les internautes aussi ne s’y trompent pas : ils reconnaissent les messages stéréotypés, les enchaînements d’émojis sans logique, les phrases vides de sens. Et surtout, ils ne réagissent plus.
Publier pour publier n’a plus aucun intérêt si le contenu ne suscite ni clic, ni partage, ni conversation. Or l’IA, laissée seule aux commandes, produit souvent l’inverse de ce qu’on attend : une présence visible mais inutile.
Le rôle du community manager a changé (et c’est tant mieux)
Faut-il pour autant revenir au « tout manuel » ? Non. Mais il faut repenser le rôle du community manager (CM).
Le CM n’est plus uniquement la personne qui « poste pour le compte de la marque ». Il devient :
- un analyste des tendances
- un rédacteur stratégique
- un curateur d’information
- un porte-voix
Le bon community manager sait aujourd’hui utiliser l’IA, mais surtout : il ne s’y abandonne pas. Il sélectionne, reformule, humanise, contextualise. Il connaît l’univers de la marque, sa cible, ses valeurs, son ton.
Et surtout, il sait quand ne pas publier, quand changer de sujet, quand réagir à l’actualité.
Et les visuels IA dans tout ça ?
Les images générées par intelligence artificielle ont envahi les réseaux. Faciles à produire, esthétiques au premier regard, elles permettent d’illustrer un contenu rapidement, sans shooting ni budget.
Mais là aussi, le piège de la standardisation guette. Les visuels générés par IA ont tendance à :
- tous se ressembler (poses figées, fausses mains, filtres irréalistes)
- manquer de cohérence avec l’identité de marque
- créer une distance avec le réel (notamment dans des secteurs locaux ou humains)
Surtout, ils envoient un message implicite :
« Nous n’avons pas pris le temps de faire une photo ou un visuel maison, donc nous avons laissé l’IA en faire une fausse. »
Dans une stratégie de contenu, l’image est un support narratif, pas un simple « remplissage ».
Elle doit incarner une ambiance, un message, une émotion, ce que l’IA ne peut pas toujours générer sans tomber dans le cliché.
Le community manager, ou le chargé de communication, est justement là pour :
- choisir le bon visuel en fonction du contexte
- préserver la cohérence graphique et visuelle de la marque
- proposer des alternatives créatives et authentiques
Là encore, l’IA peut être un outil d’inspiration… mais la validation humaine est indispensable.
IA + CM : le bon combo pour 2026
L’erreur serait de penser que l’IA est l’ennemie du CM. Bien utilisée, elle devient un véritable assistant :
- pour générer des idées de posts
- pour reformuler ou synthétiser des textes
- pour accélérer certaines tâches répétitives
Mais la vraie plus-value reste humaine. C’est elle qui fait la différence entre :
- un post standardisé ou un post incarné
- une suite de phrases génériques ou un message qui touche
- un contenu visible ou un contenu utile et engageant
Le community manager « augmenté » sait quand se servir de l’IA, et surtout quand s’en détacher. Il sait aussi créer de la cohérence sur le long terme : dans les publications, les interactions, les campagnes.
Il pense stratégie. Et ça, aucun prompt ne peut le faire à sa place.
En 2026, ce n’est pas l’IA ou le CM : c’est une vision
Demain, tous les concurrents auront accès aux mêmes outils. Même IA, mêmes templates, mêmes générateurs.
Ce qui fera la différence, c’est ce que vous en faites.
Une marque qui réussit, c’est une marque qui sait :
- poser un ton clair
- publier à bon escient
- interagir intelligemment avec sa communauté
- donner de la valeur à ses contenus
Cela demande de la méthode, de la sensibilité, une culture du message et une vraie capacité d’adaptation.
C’est exactement ce qu’un bon community manager peut vous apporter, avec ou sans IA à ses côtés.
Ce n'est pas une question d’outil mais de sens !
La vraie question n’est pas « IA ou CM » mais « Qui donne du sens à votre communication ? »
Chez Katla, nous croyons à la complémentarité : des outils bien choisis, utilisés intelligemment, au service d’un message juste.
Oui, nous utilisons l’IA. Mais nous ne publions jamais sans relecture, sans adaptation, sans cohérence. Parce que nos clients attendent des résultats, pas des lignes de texte bien alignées.
Et vous, qui pilote votre communication aujourd’hui ? Et surtout : à quoi ressemble-t-elle dans le flux ?
f.a.q
Non. L’IA peut assister le community manager dans la production de contenu, mais ne remplace pas l’humain sur des tâches stratégiques comme la création de lien, l’adaptation du ton, ou la gestion des interactions. L’idéal est une combinaison intelligente des deux.
Souvent, oui. Il contient des tournures stéréotypées, des listes banales, des émojis mal intégrés, des appels à l’action génériques. Les internautes et les plateformes le détectent de plus en plus facilement.

